Quelles sont les spécificités de la production biométhane en lorraine ?

La Lorraine est la région en France qui consomme le plus de gaz, de par l’implantation de grandes industries dans le secteur. Ses besoins énergétiques sont donc considérables. Pour atteindre d’ici 2050 une utilisation d’énergie verte à 100 %, elle développe la production de biométhane, dont nous allons vous argumenter ses particularités.

Les spécificités de la production du biométhane en Lorraine s’articulent dans un premier temps, par le déploiement de sites d’injection de biométhane. Actuellement, huit sites d’injection et 85 unités en fonctionnement sont déployés sur le territoire, avec l’objectif d’atteindre la production de plus de 50 TWh* à l’horizon 2028.

  • 1 TWh (térawattheure) équivaut à 1 000 000 000 kWh (kilowattheure).

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Qu’est-ce que le biométhane ?

Pour expliquer les spécificités de la production du biométhane en Lorraine , il convient de définir ce qu’est le biométhane. Ce gaz s’obtient à partir de déchets organiques, comme les déchets agricoles principalement, des industries alimentaires ou encore, les algues, appelées déchets verts. Bien d’autres résidus rentrent dans sa composition.

La méthanisation

Les spécificités de la production du biométhane en Lorraine comportent le mécanisme de la méthanisation. C’est le processus naturel de dégradation de ces déchets, provoquée par la présence de micro-organismes, les bactéries. Cette dégradation évolue dans un milieu dépourvu d’oxygène et permet ainsi la libération d’un gaz, appelé méthane.

Ce phénomène existe dans des milieux naturels, comme dans les marais, ou est élaboré par des infrastructures construites à cet effet, désignés méthaniseurs.

Comment se fabrique le biométhane ?

La collecte pour la fabrication de biométhane

Dans les spécificités de la production du biométhane en Lorraine, le processus de fabrication démarre avec la collecte sur les différents sites produisant les déchets.

  • dans les exploitations agricoles , pour récupérer les déjections animales et les restes de culture,
  • dans les collectivités , pour recueillir les déchets verts et organiques, les boues d’assainissement des eaux usées,
  • dans l’industrie agroalimentaire, en récupérant les déchets issus de leur production.

Le procédé de fabrication de biométhane

Pour comprendre Les spécificités de la production biométhane en Lorraine, détaillons son déroulement.

Les substances récoltées sont déposées dans une fosse, appelée le méthaniseur, le digesteur, ou encore le réacteur à biogaz, dont le fond est enfoui sous terre. Un mélangeur, disposé dans celle-ci, provoque la fermentation par l’action des bactéries, comme le ferait un compost de potager. Après une période d’ incubation, le système récolte le biogaz par captation par le haut et le digestat (résidus solides ou liquides, composés de substances organiques non dégradées), par le bas. Ces digestats sont généralement utilisés pour la fertilisation des sols, en tant qu’engrais organique non polluant.

Une partie de ce biogaz est alors purifiée et injectée dans le réseau de gaz naturel, qui devient du biométhane. Il présente les mêmes propriétés que le gaz naturel. À noter l’ajout d’une substance odorante à ce gaz, afin de le détecter en cas de fuite, au même titre que le gaz naturel.

D’autres procédés de fabrication de biométhane

  • la pyro-gazéification est un procédé thermochimique qui transforme les substances comme le bois, les pépins de fruits, ou tout autre élément organique difficilement fermentescible.
  • le Power to gas permet de réinjecter l’électricité verte en excédant, dans les réseaux de gaz, après transformation,
  • la culture d’algues , qui n’augmente pas la quantité de carbone présente dans l’atmosphère, celui-ci étant capturé par les végétaux en pleine croissance.

Les fournisseurs d’énergie

Le fournisseur est l’entreprise qui vend l’énergie aux particuliers ou aux professionnels.

Pour vendre du gaz vert, le fournisseur achète un certificat de garantie d’origine (GO), pour chaque kilowattheure vendu. Il atteste qu’une quantité égale au gaz naturel, est injectée dans la distribution. S’il s’associe avec un producteur de biométhane français, il peut proposer un produit national made in France.

Malgré une faible distribution disponible actuellement en France (moins de 0,1 % de la consommation totale de gaz), elle ne cesse de s’accroître, compte tenu du déploiement des stations méthaniseurs dans le paysage français et de la demande des usagers, en particulier ceux désireux de soutenir les énergies renouvelables .

Actuellement, ENGIE et Direct Energie ne peuvent présenter d’offre 100% énergie verte, attendant une projection de production de 10 % de biométhane dans leur circuit, prévu pour 2030. D’autres acteurs de plus petite envergure proposent des offres locales, dont le prix du kilowattheure dépasse celui du gaz naturel.

Certaines collectivités locales incluent déjà un pourcentage de biométhane dans leurs appels d’offres de fourniture d’énergie.

Les huit principaux fournisseurs en France :

  • Engie
  • Direct Energie
  • Total Spring (ex-Lampiris)
  • Eni
  • EDF
  • Happ-e
  • Planète Oui
  • Enercoop

L’enjeu du biométhane

Plus la production de biométhane augmente, plus le pays s’affranchit du monopole énergétique, détenu par les États possesseurs de gisements. Le fait également que les réserves de ce combustible fossile s’amenuisent, cet enjeu repose sur l’énergie renouvelable.

À plus petite échelle, ce sont les agriculteurs et les collectivités qui trouveront des opportunités considérables dans ce changement : baisse des coûts énergétiques et collectifs ou encore, utilisation de fertilisants organiques peu coûteux et naturels.

L’environnement se voit agrémenté d’une meilleure gestion de nos déchets ménagers. Le dioxyde de carbone rejeté par le biométhane par son utilisation, est bien moins nocif pour la couche d’ozone.

Pour les agriculteurs, cette activité annexe peut être source de nouveaux revenus. De nouveaux emplois peuvent émerger de cette application, non délocalisable. La proximité de son utilisation lui affère une dimension responsable en matière économique et écologique.

Le biogaz non injecté dans le réseau habituel, peut servir en l’état comme générateur de chaleur ou d’électricité, par le biais de moteurs biogaz.

La méthanisation permet de lutter contre le réchauffement climatique.

Quelques chiffres

Un méthaniseur traitant 15 000 tonnes par an peut fournir de l’énergie pour 500 maisons chauffées ou 60 bus urbains.

1 kWh de biométhane injecté dans le réseau de gaz permet d’éviter l’équivalent de 200 gr de CO2.

Au 1er janvier 2018 étaient recensées 570 unités de méthanisation sur tout le territoire français.

La combustion du biogaz rejette certes du CO2, mais est bien moins nocive que la combustion du pétrole, qui lui, libère du méthane, 23 fois supérieur à celui du CO2. Consultez ce site recommandé sur le sujet.

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