La part de biométhane du Nord injecté dans le réseau public en France

L’injection du biométhane dans le réseau de gaz naturel est l’un des enjeux de la méthanisation en France. Ayant pour objectif d’injecter 1 % de biométhane dans le réseau naturel d’ici 2020, et 10 % d’ici 2030, le gouvernement ne cesse d’encourager les initiatives territoriales. Cependant, malgré les efforts d’harmonisation, la part du biométhane injecté et consommé varie d’un territoire à l’autre. Dans le Nord, la méthanisation a le vent en poupe. En effet ces dernières années on observe une augmentation de la part de biométhane du Nord injecté dans le réseau du gaz naturel en France. Grâce au développement de la méthanisation dans l’agriculture et dans la gestion des déchets ménagers, la part de biométhane du Nord injecté dans le réseau public de France est dans le vert.

Le biométhane qu’est-ce que c’est ?

En quoi consiste le processus d’injection et quels sont ses avantages pour le Nord ?

Définition et principe de production

Le biométhane est une énergie renouvelable et propre produite lors du processus de méthanisation. La méthanisation quant à elle est la décomposition de la matière organique, en milieu contrôlé, par des microorganismes, en absence de l’air. Lors de cette décomposition on obtient du biogaz, constitué principalement de méthane et de dioxyde de carbone, et un résidu humide appelé digestat. Le biométhane est obtenu après l’épuration de ce biogaz. Ce biométhane épuré est entièrement miscible avec le gaz naturel. De même que le gaz naturel, il peut être utilisé pour la cuisson, le chauffage, comme carburant pour les véhicules ou par cogénération.

Le biométhane peut être produit à partir des déchets ménagers, des déchets agricoles, des déchets industriels ou des boues issues des stations d’épuration des eaux.

Le processus d’injection

Pour être injecté dans le réseau public, le biométhane doit remplir les conditions fixées par les opérateurs des réseaux de gaz naturel. Pour ce faire il doit être épuré. Le processus d’épuration porte sa teneur en méthane à 97 %, en éliminant toutes les impuretés qui l’accompagnent. Il est séparé du dioxyde de carbone qui est recueilli dans un gaz dit « pauvre », dont la teneur en méthane est inférieure à 20 %. Il existe de nombreuses techniques d’épuration. Entre autres nous pouvons citer : le lavage à l’eau, aux mines ou au glycol, la membrane, le tamis moléculaire, la cryogénie.
Lorsqu’il remplit les conditions nécessaires pour l’injection, le biométhane est odorisé à l’aide du tétrahydrothiophène (THT). Ensuite il est compressé à une pression légèrement supérieure à la pression moyenne du réseau, puis injecté.

Avantages de l’injection du biométhane dans le Nord

Actuellement, dans le Nord, l’injection du biométhane concerne principalement deux filières de la méthanisation : la méthanisation agricole et la gestion des déchets ménagers. L’injection du biométhane dans le réseau du gaz naturel permet l’augmentation de la demande en substrats organiques par conséquent elle augmente le taux de valorisation des déchets agricoles, ainsi que des déchets ménagers par le processus de méthanisation. De manière spécifique l’injection du biométhane :
– Contribue à l’indépendance énergétique du département du Nord
– Augmente la production du digestat qui est une alternative sérieuse aux engrais chimiques
– Apporte de la valeur ajoutée en matière de création d’emplois et de bénéfices pour les exploitants d’unités de méthanisation
– Permet de diminuer les coûts liés au traitement des ordures ménagères
· Permet le développement d’une économie circulaire à l’échelle du département du Nord.

Quelle est la part du biométhane produit dans le Nord ?

Quelle part est injectée dans le réseau public de France ? Quels sont les acteurs qui animent cette filière dans le Nord ?

Part du biométhane du nord dans le réseau public en France

D’après les chiffres fournis par GRDF, 65 sites injectent du biométhane dans son réseau de distribution. Cela représente une production de 938,13 GWh/an. Sur le total des 65 sites recensés, le Nord en compte 2, avec une production totale annuelle de 25,48 GWh/an(données actualisées par GRDF). Ce qui donne un pourcentage d’environ 2,71 % de la production totale annuelle de biométhane en France.

Acteurs de l’injection du biométhane dans le Nord

Dans le Nord l’injection du biométhane concerne essentiellement la distribution.

Les producteurs de biogaz

Sur les 6 unités d’injection que compte la région haut-de-France, le département du Nord en héberge deux. Dans le Nord le biométhane est injecté dans le réseau de gaz naturel à travers 2 unités de valorisations :
– Le Biogaz PEVELE, c’est une société à responsabilité limitée qui produit du biométhane à partir des déchets agricoles. Située dans la commune de Wannehain, elle a été mise en service le 1er mars 2015. Dotée d’une capacité de production est de 7,60 GWh/an (données actualisées par GRDF), elle injecte son biométhane directement dans le réseau de distribution de GRDF. C’est la première unité de méthanisation agricole implantée dans le Nord.
– Le centre de valorisation organique (CVO) de Lille Sequedin. Mis en service en 2007, ce centre est une initiative de la métropole européenne de Lille. Son unité d’injection du biométhane est en service depuis le 1er juin 2011. Située dans la commune de Sequedin, elle produit 17,88GWh/an(données actualisées par GRDF). Equipé d’un centre de transfert et de manutention des ordures ménagères résiduelles, ce site valorise les déchets ménagers pour la production du biométhane.

GRDF

GRDF(Gaz Réseau Distribution France) est le principal gestionnaire du réseau de distribution public de gaz naturel en France et dans le Nord. Présent sur toute l’étendue du territoire, il participe activement au développement de l’injection du méthane dans le réseau public. Dans le Nord, GRDF a mis sur pied tout un programme pour faciliter l’accès des producteurs de biogaz au réseau de distribution.

Perspectives de développement de l’injection du biométhane

Que ce soit au niveau national ou dans le Nord l’injection du biométhane n’a qu’un seul objectif : se développer. Au niveau national GRDF recense environ 800 projets à l’étude, dont 400 inscrits dans le registre des capacités (juillet 2018). Dans le Nord l’heure est à la mobilisation, la filière méthanisation dans son ensemble s’active pour faire bouger les choses.

Sources d’informations supplémentaires via ce site.

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