La Lorraine fabrique du biométhane

La Lorraine, avec l’aide des initiatives régionales, investit massivement dans les unités de méthanisation qui transforment de la matière organique en gaz. D’autres régions comme la Bretagne, l’Alasace, le Nord ou la région PACA ne sont pas en reste dans ce domaine. Les objectifs sont multiples : relever le défi de la transition énergétique en développant les énergies vertes, répondre aux exigences des objectifs fixés par la France pour 2030 de 32 % d’énergies renouvelables.

Produire et consommer du biométhane c’est assurer aussi l’autonomie énergétique de la région. Cela permet de réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, un avenir vert pour cette région qui développe Lorraine TGV et Lorraine Airport. On produit et on consomme français. L’ancrage territorial a énormément d’importance. Cette production locale permet de créer un circuit court et des emplois. La consommation de gaz au coeur de la Lorraine a fortement augmenté en 2016 et elle a encore augmenté en 2017.

La région est sans conteste l’une des plus grandes consommatrices de gaz en France, si ce n’est la plus grande. Cette forte demande et ces hausses ne sont pas uniquement imputables à la consommation des ménages d’autant plus que les températures des dernières années sont assez clémentes. Ce sont surtout les grandes industries de la région qui augmentent leur consommation. Certaines sont passées d’installations au fioul à des installations au gaz. Les industries chimiques en particulier sont de grandes consommatrices de gaz, devant les industries agroalimentaires ou la métallurgie.

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Les unités de méthanisation en Lorraine

Les unités de méthanisation de la Lorraine sont pour un grand nombre des unités agricoles. Mais il y a également des unités industrielles ou d’enseignement. Le concours de l’ensemble de ces initiatives régionales et locales vise à développer une agriculture locale productrice d’énergies renouvelable : c’est l’effort de la Lorraine pour une agriculture engagée. Cette actu en Lorraine est aussi une manière de développer l’agriculture dans une perspective industrielle.

Les Vosges sont pionnières

C’est à Ban-de-Lavelline, dans les Vosges, qu’a vu le jour la première unité de méthanisation créée par une société d’économie mixte de France. Vers Girancourt quatre exploitations agricoles se sont associées pour créer en 2016 une unité. Raon-aux-Bois a également une unité de méthanisation ainsi qu’Aydoilles, réalisée par la SAS Agriwatt. L’unité d’Aydoilles produit 600 kw d’électricité. Mandres-sur-Vair a également une unité. Le papetier Norske Skog a également franchi le pas. Son unité de production s’appelle Norske Skog Golbey. C’est pour lui une véritable stratégie de diversification, il utilise comme matière première les effluents de sa production industrielle de papier. Il serait capable de chauffer 2500 logements.

La Moselle injecte dans le réseau GRDF

La Moselle a plusieurs unités de méthanisation : Morsbach a une unité industrielle Méthavalor qui récupère les déchets ménagers triés. C’est le Sydeme qui, en 2011, a mis en place un centre de méthanisation sur son territoire à la place d’anciens terrains des Houillères du Bassin de Lorraine. L’unité tourne à plein régime depuis 2016. Il y a depuis Sarreguemines, une unité agricole, capable d’injecter sa production sur le réseau de distribution de GRDF. Il y a également l’unité d’Amanvillers et une unité à Réding est en cours d’installation.

La Meurthe-et-Moselle et les effluents d’élevage

L’unité de méthanisation de l’Exploitation agricole des « Brimbelles » à Mignévile a commencé l’exploitation en 2003. Première historique à utiliser les effluents d’élevage par méthanisation, l’installation permet de produire et de stocker du biogaz et de le transformer en électricité. En 2009, elle produisait déjà 230 kW électrique. L’école d’agronomie ENSAIA est un grand acteur du développement de la filière. Intégrée au domaine de la Bouzule, sa plateforme produit du biométhane depuis 2013.

La Meuse et le réseau de gaz urbain de Verdun

L’unité de méthanisation de Thierville-sur-Meuse, dans le secteur de Verdun, regroupe plus de cinq exploitations associées pour créer la société Biogaz du Verdunois. Elle fournit directement le biométhane qu’elle produit au réseau de gaz urbain du Grand Verdun. C’est inédit en Lorraine. Une unité de méthanisation à Bislée demande à être enregistrée. Cette demande est soumise à consultation par les habitants. Cette consultation se déroule du 17 décembre 2018 au 14 janvier 2019.

La traçabilité du biométhane de Lorraine

Les utilisations du biométhane sont les mêmes que celles du gaz naturel : eau chaude sanitaire, chauffage, cuissons, besoins industriels, etc. Le biométhane peut aussi être transformé en électricité. Son utilisation comme carburant est encore à l’étude. La traçabilité est dans tous les cas au coeur du dispositif.

Les fournisseurs historiques

Les fournisseurs historiques de gaz s’engagent pour un grand nombre à fournir du biométhane en complément du gaz naturel. Ils assurent également la traçabilité du biométhane injecté dans le réseau en attestant de l’origine des déchets et de leur lieu de transformation. C’est une manière pour le consommateur de s’assurer qu’un certain pourcentage du gaz consommé contient bel et bien du biométhane. Engie propose l’offre Mon Gaz Vert, 100% digitale. Les clients peuvent choisir entre trois unités de production du biométhane français. Cette offre assure que 10% du gaz fourni provient du biométhane français. L’approvisionnement en gaz reste le même. Engie enregistre la garantie d’origine dans un registre national public. Direct Energie s’investit également et garantit à ses clients 10% de biométhane dans son offre de gaz. Direct Energie favorise l’engagement citoyen pour la protection de la planète.

Les fournisseurs nouvelle génération

Ilek propose une offre de gaz bio et assure l’acheter sur le réseau français. EkWatteur va plus loin et relève le défi de proposer au consommateur de consommer 100% renouvelable. C’est une première. L’idée est la suivante : le consommateur pourra consommer à 100% du biométhane et la traçabilité sera bien sûr assurée. Le consommateur saura d’où provient l’énergie qu’il utilise.

Comment produit-on du biométhane en Lorraine ?

Pour produire du biométhane, on utilise principalement des matières organiques provenant d’exploitations agricoles (fumier, résidus de cultures), les déchets des collectivités (exemple déchets des stations d’épuration), les déchets industriels (déchets de l’industrie alimentaire comme la graisse et la matière organique). Les déchets deviennent donc des ressources, qui sont une source d’énergie renouvelable. Ces matières organiques sont dégradées sans oxygène grâce à des bactéries. Ce procédé créé deux produits : une énergie renouvelable, le biogaz (composé essentiellement de méthane) et le digestat, un fertilisant que les exploitations agricoles peuvent utiliser directement à l’issue du processus. Le digestat correspond à ce qui n’a pas été digéré dans le processus. Notons que le biogaz produit n’est pas encore du biométhane. On obtient le biométhane par épuration du biogaz, en lui enlevant tout ce qui n’est pas du méthane. Le biométhane livré a une teneur en CH4 qui doit avoisiner les 100%, entre 90% et 100% . C’est la condition pour que l’on puisse ensuite l’injecter dans le réseau national du gaz naturel pour qu’il soit distribué par les mêmes canaux que le gaz naturel.

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