Initiatives régionales

Aquitaine et méthane

 

C’est depuis 2011 que la région Aquitaine est devenue l’un des principaux acteurs de la filière méthane en France. La mise en place de la structure Méthaqtion a prouvé à quel point les autorités de la région sont impliquées dans ce nouveau projet. Ladite structure a été créée dans le but d’apporter une assistance non seulement financière, mais aussi pédagogique à toutes les entreprises ou tous les particuliers qui aimeraient se lancer dans la méthanisation. Toutefois, avant d’expliquer plus en détail la dynamique globale de la région Aquitaine, découvrez d’abord ce que c’est que la méthanisation.

 

Définition du concept

 

La méthanisation est un processus naturel qui est lié à la dégradation de la matière organique dans un cadre privé d’oxygène. Ce sont les bactéries qui se chargent d’occasionner la désintégration de la matière, générant au passage un biogaz qui contient une quantité non-négligeable de méthane. Cette énergie bio représente une incroyable opportunité, surtout en ces temps de course aux énergies renouvelables. L’Aquitaine a donc décidé de devenir l’ambassadrice de cette nouvelle énergie en France, et les autorités de la région ont pris les mesures qu’il fallait pour son développement.

 

Actions menées par les autorités locales

 

Plusieurs études ont été menées à la demande des autorités de la régionpour permettre de savoir avec précision les différentes possibilités offertes par la méthanisation. La première d’entre elles est intitulée : « Gisement et potentiel de développement de méthanisation en Aquitaine ». Cette étude a renseigné avec précision sur les stratégies de développement de la production de méthane. Elle a également offert un bilan des unités de méthanisation de la région. Cela a notamment permis de comprendre tout le travail qu’il restait à abattre pour que cette énergie bio devienne progressivement la nouvelle donne.

 

L’Aquitaine, une terre bénie pour la méthanisation

 

Le secteur agricole est l’un des secteurs les plus importants de la région. Cela constitue un solide argument en faveur de la filière méthane. Les déjections d’élevage apportent près de 80% du potentiel énergétique total. Ce pourcentage est complété par l’apport énergétique des déchets agricoles issus des cultures maraichères et céréalières. Il ne faut pas non plus négliger la quote-part des déchets de l’agro-alimentaire, de la restauration ou encore des boues d’épuration. En somme, toutes les conditions sont réunies pour que cette région soit d’ici quelques années l’un des principaux fournisseurs de gaz naturel (bio) en France.

 

D’intéressantes perspectives pour le gouvernement

 

Ce n’est un secret pour personne, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’intégrer les énergies renouvelables dans son mix-énergétique, à hauteur de 23%. Cet objectif devrait, si tout va bien, être atteint d’ici l’année 2030. Fait intéressant, de récents rapports ont laissé entendre que d’ici 2030, la production de méthane dans la région devrait atteindre la barre des 11%. Cela est bien sûr de bon augure pour le gouvernement, qui pourrait, dans ce cas, atteindre plus facilement son but.

 

Les défis à venir

 

L’objectif poursuivi par les promoteurs du secteur de la méthanisation, c’est de permettre au plus grand nombre de citoyens français d’utiliser du gaz vert au cours des années à venir. Toutefois, pour y arriver, il est nécessaire d’augmenter le nombre d’unités de production. L’Aquitaine fait certes office de leader dans ce domaine en France, mais quand on compare avec certaines nations comme l’Allemagne, l’Hexagone est encore loin derrière. Pendant que l’Allemagne compte environ 8 000 unités de méthanisation, la France réunit difficilement 200. Cela dit, les voyants sont au vert pour que les choses évoluent plus vite, même si l’écart n’est pas près d’être comblé.

 

Objectif 2030

 

D’ici l’horizon 2030, les autorités de la région espèrent figurer en bonne position parmi les villes européennes les plus favorables à la méthanisation. Toutefois, les dirigeants ne sont pas non plus ignorants du fait qu’une grande production de méthane signifie qu’il faut aussi des appareils de contrôle plus performants. Des recherches ont démontré que ce composé chimique est doté d’un pouvoir de réchauffement de l’atmosphère, supérieur de 20 fois à celui du CO2. Cela prouve une chose : même si le décor est favorable, il reste encore beaucoup de chemin avant que la majorité des Français ne passent véritablement à l’énergie bio.