Tout savoir sur le crédit carbone

La prochaine Conférence des Parties (COP) se tiendra fin 2019 au Chili, et non plus au Brésil comme prévu avant l’arrivée à la présidence de Jair Bolsonaro. Ce 25e chapitre sera peut-être la preuve d’une véritable cohésion entre les nations en matière de définition du crédit carbone. La précédente conférence fut caractérisée par un manque d’implication des États européens. Si l’intervention de la jeune écologiste Greta Thunberg a marqué tous les esprits, l’absence d’ambition des Etats membres est restée un problème important. Une définition claire du crédit carbone avait pourtant été donnée à la suite du protocole de Kyoto, et les pays devaient en suivre la bonne mise en pratique.

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La taxation du carbone

Définition du crédit carbone

La spéculation sur le carbone revient à la une de l’actualité à chaque Conférence des Parties. Pour donner une définition du crédit carbone, il faut se mettre à la place d’un dirigeant d’une production. Si par exemple, une usine arrive à réduire son impact sur l’environnement en utilisant une énergie verte plutôt qu’une polluante, elle augmentera ses crédits carbone. Ceux-ci lui permettront de rendre viable son installation écologique en les utilisant auprès d’investisseurs.
Un crédit carbone est égal à une tonne d’équivalent de dioxyde de carbone (CO2). C’est une unité donnée à toute production n’émettant pas plus d’une certaine quantité de CO2. Un crédit carbone est attribué lors d’une réduction d’une tonne de CO2.

Les limites du crédit carbone

Même si ce système de finance du carbone est une bonne initiative au départ, il a ses limites et peut être contourné. En effet, les petites entreprises essayant de tout mettre en oeuvre pour moins polluer peuvent se retrouver en difficulté lorsqu’elles doivent des crédits aux autorités. À l’inverse, les gros industriels ayant un budget conséquent peuvent se permettre de payer les crédits de leur compteur carbone en contrepartie de fortes émissions de CO2 dans l’atmosphère. Ce procédé de « pollueur/payeur » n’est donc pas du tout vécu de la même manière du point de vue d’une TPE ou d’une grosse multinationale. On a donc le droit de polluer tant qu’on peut payer ses taxes carbone.
De plus, le prix de la tonne de carbone fluctue comme toute autre monnaie d’un marché financier. On s’est retrouvé avec un prix de base de 30 euro la tonne de carbone lors du protocole de Kyoto à 4,38 euro en 2017. Il a remonté à 18 euro fin août 2018, mais ces changements créent bien évidemment des moments de crise financière lourds de conséquences pour certains porteurs de projet.

Les marchés du carbone : des systèmes complexes à mettre en place

Un marché avec des règles strictes

C’est un « système d’échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre ».
C’est une façon de mettre un prix sur le carbone. Il est censé aider au développement des énergies renouvelables en permettant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est le dioxyde de carbone qui est surtout pointé du doigt. Ce système de « pollueur/payeur » consiste à faire payer toute entreprise dont la production engendre des effets néfastes sur l’environnement et le climat. Logiquement, cela doit faire comprendre à tout pollueur qu’il est temps pour lui de changer de [biogaz](/comment-produire-<a href= ‘vendre du biogaz’)/’> en se mettant à l’ère des énergies vertes.

On fonctionne ici de la même manière qu’avec des produits financiers. D’ailleurs, la réforme de 2017 a fait monter le prix du carbone par la suite.

Le système communautaire d’échange de quotas d’émission

C’est l’autre nom du marché du carbone. Il porte sur plusieurs sortes de gaz à effet de serre. En plus du dioxyde de carbone, on trouve aussi le méthane, le protoxyde d’azote, l’ozone, et les chloro-fluocarbures. Il a été mis en place au sein de l’Union européenne avec le protocole de Kyoto. Les prix du carbone ont été fixés entre les années 2005 et 2007. Puis, jusqu’en 2012, les premiers quotas ont été accordés. Il faut savoir que l’aviation n’était pas incluse dans ce marché au départ, bien que ce type de navigation soit extrêmement polluant. Il aura fallu attendre 2012 pour qu’elle en fasse partie. Les compagnies aériennes desservant les aéroports européens se sont alors vues payer une dette sur le carbone.
C’est à partir de 2013 que les quotas sont devenus payants.
4 ans plus tard, le marché du carbone est réformé. L’objectif étant de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe de 40 % d’ici 2030.

Le protocole de Kyoto

La signature de l’accord

C’est en 1997 que des Etats membres de l’ONU ont signé un accord durant la Conférence des Parties organisée à Kyoto. L’acceptation de ce traité montre la motivation de chaque Etat à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Causant un impact extrêmement négatif sur l’environnement, ces émissions sont pointées du doigt au sujet du réchauffement climatique. Ce n’est que 8 ans plus tard qu’il entre enfin en vigueur, le temps que tout se mette en place au niveau permissions et adhésions.
Chaque Etat doit faire lui-même des efforts en interne en plus des aides apportées par le protocole.

Les projets certifiés

Appelés aussi « mécanismes de développement propre » (MDP), ces projets se voient octroyer des crédits carbone par les Nations unies. Quiconque a un projet doit le faire certifier en apportant la preuve qu’il suit bien les recommandations de l’ONU. Un consultant doit vérifier les calculs de réductions d’émissions de gaz à effet de serre proposés. Par exemple, si une centrale électrique utilisant le charbon comme combustible veut passer en énergie verte en recourant à la force de l’eau, elle pourra se voir attribuer un certain nombre de crédits carbone. Ceux-ci auront été calculés au préalable par le porteur de projet, puis vérifiés par une entreprise spécialisée homologuée par l’ONU. Une fois le projet certifié, sa production de gaz à effet de serre doit être vérifiée tous les ans. À partir des conclusions apportées, les Nations unies accordent un nombre défini de crédits carbone.

Le développement des énergies renouvelables comme le solaire photovoltaïque, le biométhane, l’éolien, la biomasse avec le biogaz… porte sur la production, l’utilisation et la vente.

Pour comprendre le fonctionnement de l’endettement au carbone et de ses marchés, vous pouvez consulter le site du ministère de la Transition écologique et solidaire.

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